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Correction de la Composition française du CB2

mercredi 18 mars 2020, par Sandrine

Rappel du sujet :

Baudelaire écrit dans les Notes nouvelles sur E. A Poe :

« L’unité d’impression, la totalité d’effet est un avantage immense qui peut donner à ce genre de composition une supériorité tout à fait particulière, à ce point qu’une nouvelle trop courte (c’est sans doute un défaut) vaut encore mieux qu’une nouvelle trop longue. L’artiste, s’il est habile, n’accommodera pas ses pensées aux incidents ; mais, ayant conçu délibérément, à loisir, un effet à produire, inventera les incidents. Si la première phrase n’est pas écrite en vue de préparer cette impression finale, l’œuvre est manquée dès le début. Dans la composition tout entière, il ne doit pas se glisser un seul mot qui ne soit une intention, qui ne tende, directement ou indirectement, à parfaire le dessein prémédité. »

En élargissant la question de la nouvelle au récit bref, vous discuterez cette proposition, en vous appuyant plus particulièrement sur les œuvres au programme.

Dans la perspective de la correction de votre dissertation, vous trouverez ci-dessous, au fur et à mesure de la correction et de ma rédaction, différents documents :

Article complet de Baudelaire sur Edgar Poe (parties 3 et 4) pour un meilleur éclairage d’ensemble
Analyse de la citation et de ses enjeux
Proposition de corrigé

Remarques générales sur vos copies (rubrique complétée au fil des corrections) :


I Remarques générales :

• Attention aux proportions : l’introduction ne doit pas dépasser un recto-verso, même quand la citation est longue. Veillez surtout à ce que votre introduction ne finisse pas par être plus longue que vos parties...

• « Dans la composition TOUT entière » n’est pas une coquille de la part de Baudelaire ou de la mienne… TOUT est en emploi adverbial et ne s’accorde pas ! On aimerait que vous n’introduisiez pas de faute en recopiant !

• Recopiez sans faute : BAUdelaire et non BEAU !

• les titres des Fables de La Fontaine ne se soulignent pas ; on note : « La cigale et la fourmi ». Les titres de nouvelles de Maupassant, à l’inverse, se soulignent.

• lorsque vous citez des vers, veillez à la disposition typographique :
soit : « La cigale ayant chanté
Tout l’été
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue. »
soit : « La cigale ayant chanté / Tout l’été / Se trouva fort dépourvue / Quand la bise fut venue. »
On préférera néanmoins la première version.

• Évitez d’ « appuyer » la thèse de Baudelaire. N’appuyez pas non plus dessus, cela ne produira ni son ni sens…

• L’usage du verbe « impacter » est définitivement interdit de toute composition française digne de ce nom : il n’est pas question de se demander « ce qui impacte la valeur du récit bref ».

• Pas de paragraphes à l’intérieur de l’introduction !

Problématisation : vous devez poser une question qui permette de répondre (théoriquement) par OUI ou par NON, soit explicitement : « il est légitime de se demander si... », « on se demandera si... » ou indirectement : « on se demandera dans quelle mesure... ».
En revanche une formulation du type : « Nous pouvons nous demander de quelles façons... » est à proscrire : elle conduit naturellement à un plan catalogue qui liste les différentes façons et en aucun cas à un plan dialectique.

• dans certaines copies, il n’y a toujours AUCUN RETOUR EXPLICITE (c’est à dire sous forme de propos rapportés entre guillemets) À LA CITATION de Baudelaire dans le développement.

• la 3ème partie n’est pas facultative ! Une copie, même très bonne, ne proposant que 2 parties ne saurait obtenir une note supérieure à 08.

• attention à vos annonces de plan.
Ex : « Dans un deuxième temps nous nous intéresserons aux cas où le récit bref... » Vous devez annoncer une THÈSE ! Par ailleurs, une partie ne peut pas être l’étude de cas particuliers ou d’exceptions.
Ex : « Dans une troisième partie nous nous questionnerons sur les autres vecteurs possibles... » Même remarque : vous devez annoncer une THÈSE, pas un questionnement. Par ailleurs « les autres vecteurs » annonce un catalogue et pas une argumentation !


II Erreurs sur les œuvres rencontrées dans les copies :

• à propos de Sarraute : « Son récit bref est donc composé de plusieurs tropismes ». L’œuvre Tropismes n’est pas UN récit bref !

• Les « tropismes » ne sont pas des chapitres !

• Considérer que ce qui fait le lien thématique entre les différents récits de Tropismes est « une critique de la société de consommation » me semble très excessif et réducteur. On trouve bien cette critique dans certains textes du « recueil » (comme dans Le Planétarium par exemple ou dans Les Choses de Pérec) mais cela apparaît plus anecdotique et à la marge dans notre œuvre.

• A propos de Maupassant et de La Maison Tellier, l’un d’entre vous écrit « Rien ne prouve que les femmes dans cette nouvelle soient des prostituées et que la maison soit une maison close ». En fait, si ! Tout le prouve. Cessez d’écrire des bêtises !

II Erreurs argumentatives :

• opposer récit bref et roman en affirmant que le roman est nécessairement une « œuvre manquée » est de la plus grande maladresse. Le simple bon sens devrait vous protéger d’une telle erreur !
Ex : « Si l’on prend l’exemple de Proust (de quelle œuvre parlez-vous ???) on se souvient de l’histoire en général et de quelques éléments marquants comme la madeleine (?!) mais les détails nous échappent en raison de leur grand nombre et de la densité du récit ».
Dit comme cela, c’est terriblement maladroit. On peut dire du roman qu’il ne possède pas NÉCESSAIREMENT l’ « unité d’impression » dont parle Baudelaire (en réalité, on pourrait montrer l’inverse…) car il joue précisément sur une diversité tonale, thématique, polyphonique, etc. qui lui est propre. C’est une manière POSITIVE de dire les choses.

• Sur l’antithèse : la réflexion de Baudelaire porte sur la nouvelle (ou plus largement le récit bref). L’antithèse ne peut donc pas être un éloge de la forme longue, soit du roman, en montrant comment elle (ou il) peut avoir aussi de la valeur. Il ne s’agit pas de choisir entre nouvelle et roman mais de réfléchir à l’intérieur d’un « genre ».

• Sur le dépassement : il ne s’agit pas de sortir un lapin de votre chapeau pour étonner votre correcteur. La 3ème partie doit découler logiquement de ce qui précède.
Ex : « Enfin dans une troisième partie nous changerons de perspective dans le sens où la totalité de l’effet revient aussi au lecteur. » Ce n’est pas la perspective mais le sujet que vous avez changé !
Ex : "Enfin nous nous demanderons si la valeur du récit bref ne peut pas reposer sur d’autres critères que la composition ou l’ouverture". Autres critères équivaut à autre sujet...